Origines du mot tataouine

Certains d’entre vous m’avez contacté au sujet de ce mot que j’ai utilisé dans un envoi récent.

Ci-dessous, je vous envoie une capture d’écran d’un diaporama reçu d’un ami.

Évidemment, cette définition est d’origine française.  Mais nous, Francophones d’Amérique, avons depuis belle lurette utilisé ce terme pour désigner plutôt une hésitation, une perte de temps, du niaisage.

Je me rappelle qu’une fois, lors d’un de mes discours (en français, bien sûr) en pleine session de l’Assemblée, j’avais utilisé ce terme justement dans ce sens. Le pauvre interprète, d’origine française, a de toute évidence subi un moment d’hésitation quand il a entendu ce mot dans sa cabine.

Curieux de connaître une traduction appropriée en anglais, il a envoyé une jeune page ( 24 jeunes élèves d’environ 13 ans agissant comme huissiers lors d’un stage de cinq semaines à l’Assemblée) me demander quels mots en anglais il pourra utiliser pour traduire tataouiner…la prochaine fois.  Quand la jeune page s’est approchée de moi après mon discours, elle m’a demandé de lui fournir une traduction pour apporter à l’interprète.

Bien sûr, je lui ai remis un bout de papier avec les bons termes en anglais.  Mais, je lui ai demandé, avant qu’elle ne lui remettre ma note cachée, lui dire verbalement que ma réponse d’une traduction en anglais était…to tatawin. La page avait consenti avec grand plaisir à collaborer à jouer un tour à l’interprète que je connaissais bien depuis des années, un type fort sympathique, doté, lui aussi, d’un bon sens d’humour.

J’ai suivi du regard la jeune page capable de garder son apparence de sérieux, jusqu’à ce qu’elle entre dans la cabine pour lui remettre ma réponse.

J’aimerais avoir une vidéo de l’expression du pauvre interprète quand elle lui a dit que c’est tatawin, écrit de cette façon.  Il m’a regardé d’un air complètement désemparé.  À ce moment j’ai souri et la jeune lui a remis ma petite note qu’elle avait pris bon soin de dissimuler.  Nous avons bien ri les trois.

Joyeux lundi.

Jean POIRIER

Ancien député franco-ontarien, vice-président, Assemblée législative de l’Ontario
Ancien Chargé de mission, région des Amériques, Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF)
Ancien et premier président, Section du Parlement de l’Ontario, Assemblée parlementaire de la Francophonie
Ancien président, Assemblée de la francophonie de l’Ontario (anc. ACFO).

Commandeur, Ordre de la Pléiade, Assemblée parlementaire de la Francophonie
Officier, Ordre National du Mérite de France
Médaille d’honneur, Sénat de la République française
Membre, Ordre des Francophones d’Amérique
Prix Séraphin-Marion et Médaille Bene Merenti de Patria, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
Prix Lyse-Daniels, Impératif français, Québec

[symple_box color=”gray” fade_in=”false” float=”center” text_align=”left” width=”80%”]L’expression populaire “aller à Tataouine” (ou “aller à Tataouine-les-Bains”) signifie aller se perdre au bout du monde. Tataouine était un bagne militaire français situé près de la ville de Tataouine, au sud de la Tunisie. Il fut ouvert jusqu’en 1938, année de l’abolition des bagnes en France. Il accueillait les condamnés de droit commun et les soldats punis pour indiscipline. L’éloignement et les conditions de détention, réputées très dures, ont donné naissance à cette expression.[/symple_box]

P. S. d’Impératif français pour en savoir plus : Tataouiner, s’épivarder et enfirouaper, trois mots québécois

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L’anglais comme véhicule de diffusion de la pseudo-science (suite)

Par Charles Xavier Durand