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ANGLICISATION DE LA FRANCE – suite

Cher Monsieur,

à la lecture de votre courriel « ANGLICISATION DE LA FRANCE vs la trahison contre la nation québécoise » sur le site Impératif français à https://www.imperatif-francais.org/bienvenu/a-vous-la-parole/2010/l-anglicisation-de-la-france.html, d’accord avec vous sur le fond. Il est évident que la «masse» francophone est ici, en France, énorme, l’arabe avec son usage identitaire croissant par les jeunes signant, malheureusement, une entrée de ces classes d’âge dans le communautarisme, dangereuse pour un pays centralisé comme le notre. Ceci est une partie d’un problème majeur pour les raisons que vous connaissez, raisons dont l’aspect linguistique, certes important en soi, n’est qu’accessoire au vu du reste. C’est ailleurs que ça se joue et le débat public actuel montre bien la dimension proprement vitale de l’enjeu pour la France.

Reste que, dans un domaine supposé plus frivole, on commence à entendre parler de bilinguisme franco-anglais pour les enfants en primaire, voire en maternelle. La définition exacte du mot, l’application qui peut en être faite, échappent pour l’instant complètement à mes compatriotes. L’exemple francophone en Amérique du Nord est encore vu massivement, ici, sous son seul aspect folklorique (l’accent rigolo, la vertu sémantique, etc.). Les Français ignorent quasi complètement la dérive qui vous emporte peu à peu sous le masque rassurant de l’égalité linguistique et c’est bien dommage.

Il serait bon que mes compatriotes accèdent davantage aux réseaux qui oeuvrent chez vous pour la défense de la langue. Pour l’instant, ils ne sont pas en alerte, ici même, sur ce sujet-là. Ils subissent mollement l’invasion de la médiocrité mono ou bi-syllabique anglo-saxonne et ne réagissent pas lorsqu’ils lisent, sur un écran, des sournoiseries du genre «Citroën, créative technologie» ou «Carrefour, la positive attitude». On leur parle pourtant en anglais avec des mots français, ce qui devient autre chose (êtes-vous d’accord?) que de simples anglicismes rapidement francisés (c’est-à-dire sans accent ou avec intonations loufoques) plaqués sur des panneaux publicitaires.

Il y a là un danger, enfin, c’est mon avis. Je le signale chaque fois que je peux, mais franchement, nous ne sommes pas encore très nombreux à mener ce combat-là. De plus, nous perdons, aujourd’hui même, Philippe Seguin, grand ami du Québec et pourfendeur des assassins de notre langue commune. Cette disparition attristera tous ceux qui se font encore une haute idée de la langue française et de la culture enfantée par elle.

Haut les coeurs quoi qu’il en soit! Il n’y aura pas de nouveau Verdun au 21è siècle, mais, comme vous le savez, des conflits infiniment plus pervers, diffus, imprévisibles quant à la stratégie de leurs commanditaires. Nous sommes partis pour de longues résistances, car il va s’agir, comme toujours, pour les uns de conquérir et pour les autres, d’accepter ou non d’être dominés. Sans vouloir utiliser les grands mots, de quoi s’agit-il alors, par dessus tout? De la liberté de penser, tout bonnement. La langue que l’on parle a formé nos esprits. La conserver est une nécessité, même si pour cela il arrivera sans doute que l’on commette des erreurs tactiques, des faux-pas, et que l’on tombe dans quelques pièges politiciens. La cause est bonne quoi qu’il en soit. Il est évident que nous sommes d’accord sur ce point capital.

Alain Dubos
Arcueil, France

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M. Alain Dubos,

J’apprécie vos propos mais vous comprendrez qu’ici au Québec les angliciseurs fédéralistes et même certains indépendantistes déjà très anglicisés se servent de cette anglicisation en France que vous expliquez pour normaliser la question linguistique de bilinguisme systématique en une seule autre langue au Québec et pour décourager les défenseurs de notre langue nationale.

Ils comparent malicieusement ce qui n’est pas comparable, car en France il n’y a pas comme au Québec
1) 40% des citoyens déjà bilingues fançais -anglais
2) 60% des médias permis par les gouvernements unilingues anglais
3) près de 30% des institutions scolaires universitaires et hospitaliers anglophones pour le 8% d’anglophones
4) Le gouvernement français ne communique pas en anglais comme en français dans toutes ses communications avec les citoyens comme au Québec
5) Ici au Québec près de 60% des immigrants s’intègrent à la communauté anglophone, ce qui n’est pas le cas en France.

Et je pourrais poursuivre sur au moins une centaine de points d’injustices linguistiques contre notre langue française au Québec.

Vous votre combat doit se faire dans l’Union Européenne, car les anglos, saxons et « teutons pro-orangistes » ne vous laisseront jamais vivre dans le respect des langues nationales.

J’écoute Allô la Planète et j’y participe à l’occasion et cette émission formidable francophone planétaire passe majoritairement des chansons anglophones et laisse croire faussement que l’humanité entière parle anglais lorsqu’en réalité 90% des êtres humains ne parlent pas anglais. Ils confondent malicieusement anglais et globish.

J’apprends à l’instant la mort de Phillipe Séguin et je m’associe à toute la francophonie, à tous les francophiles et à toute la France pour le remercier de ses combats

Michel Guay

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