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La langue unique du sport selon les autorités canadiennes

Le Commissariat aux langues officielles du Canada — c’est-à-dire à l’anglais et… à l’anglais — récidive dans son refus d’agir en faveur du français.

Cette fois, la plainte dénonçait Hockey Canada qui se contente d’offrir des miettes de français dans trois seulement de ses neuf webinaires de la série de développement Parcours vers le podium.

Dans la partie analytique de son rapport préliminaire ci-joint (p. 5), le commissaire aux langues officielles Raymond Théberge souligne d’abord que « Hockey Canada est une organisation privée et une entité distincte de Patrimoine canadien », le ministère subventionnaire.  Il précise (p. 5) et conclut (p. 7) au sujet de Patrimoine canadien : « Son pouvoir d’intervention dans les affaires de l’organisation se limite au contenu des ententes de contribution. »

Or, Patrimoine canadien lui-même prétend (p. 2) que « les accords de financement entre l’institution et Hockey Canada sont établis au moyen d’ententes de contribution qui comprennent des clauses linguistiques strictes [mes caractères gras] auxquelles l’organisation est contractuellement liée ».  Si les mots ont un sens, « strict » signifie que l’application des principes par une organisation ne tolère aucun écart, aucun relâchement ou aucune négligence.

Voici donc la pirouette justificatrice du commissaire Théberge (p. 5) : « La partie VII [de la Loi sur les langues officielles] ne garantit pas un résultat ; elle exige simplement que les institutions fédérales adoptent des mesures positives concrètes. »  Bref, l’art de dire une chose et son contraire en même temps, dans le plus pur style macronien.  En effet, selon le dictionnaire CNRTL, les résultats sont des « réalisations concrètes ».

En somme, le commissaire Théberge s’imagine nous éblouir par la performance d’un double axel, mais en réalité il patine toujours sur la bottine.  La fiche de rendement du commissaire : niveau -3, et non le niveau or !

Pour ajouter à la confusion, le commissaire conclut finalement que Patrimoine canadien avait « reconnu que Hockey Canada n’avait pas respecté une clause linguistique de l’entente conclue dans le cadre du Programme de soutien au sport » (p. 8) dans le cas des webinaires, mais il se contente d’encourager l’institution à mettre en œuvre des mesures correctives.  Quelle mollesse !

Cependant, tout n’est pas perdu.  Avec élégance, le brave commissaire nous annonce une bonne nouvelle (p. 5) : « Hockey Canada compte d’autres sources de financement et pourrait sans doute maintenir ses services sans l’aide financière de Patrimoine canadien. »  Merveilleux : en coupant les subventions à Hockey Canada, on épargnera les frais de l’anglicisation aux contribuables francophones !  Mais si Patrimoine canadien refuse de respecter les citoyens francophones, que le Québec rapatrie immédiatement tous les points d’impôt liés à la promotion des sports, avant même l’indépendance.

Marc Labelle

Adresses utiles :


Steven Guilbeault
Ministre du Patrimoine canadien
hon.steven.guilbeault@canada.ca 

Bardish Chagger
Bardish Chagger
Ministre de la Diversité et de l’Inclusion et de la Jeunesse
hon.bardish.chagger@canada.ca

Mélanie Joly
Mélanie Joly
Ministre du Développement économique et des Langues officielles
melanie.joly@parl.gc.ca

Raymond Théberge, Commissaire aux langues officielles
Raymond Théberge
Commissaire aux langues officielles

Page pour commentaires : https://www.clo-ocol.gc.ca/fr/contact/commentaires

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