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THE SOCIÉTÉ ALZHEIMER SOCIETY

À : info@alzheimerquebec.ca
Cc : m.blais@aines.gouv.qc.ca; ministre@mcccf.gouv.qc.ca

Dans les derniers jours j’ai été sollicitée à plusieurs reprises, notamment
par certains quotidiens, par l’organisme : « Société Alzheimer Society –
Fédération Québécoise des Sociétés Alzheimer / Federation of Quebec
Alzheimer Societies ». (http://www.alzheimerquebec.ca – info@alzheimerquebec.ca)

Alors voici.

Je ne crains pas la mort. Si naturelle, par définition. Je crains assez, cependant, une fin de vie dans des conditions où une certaine part de ma dignité et de ma liberté s’estomperait progressivement. D’où mon intérêt, et depuis longtemps, pour ce terrible fléau qui décime de plus en plus la colonie des habitants de ce pays que, pour ma part, j’appelle l’âge de plomb (par distinction de l’« âge d’or », que je laisse aux tenants de la très molle et très pleutre rectitude politique).

Aussi suis-je spontanément une citoyenne susceptible de m’intéresser à votre organisation, et même d’y contribuer en quelque façon – ne fût-ce, minimalement, que par le biais d’une «offrande» généreuse dans le cadre de la présente collecte annuelle de fonds.

Mais je le ferai point. J’en suis parfaitement incapable. Et je le regrette. Sincèrement. C’est qu’il m’est littéralement impossible, «People of the Federation of Quebec Alzheimer Societies», d’accorder mon appui ou mon patronage à une Société qui contribue à l’anglicisation du Québec, incapable qu’elle est, en effet, de s’adresser aux Québécois(es) dans la langue – dans l’unique langue – officielle de cet État.

Je ne veux pas un jour mourir comme une légume. Certes. Mais si pour y parvenir je dois avec vous, « Société Alzheimer Society », travailler dès aujourd’hui à l’anglodéfrancisation de ma maison nationale, eh bien tant pis : je dis Non ! Mes derniers jours, voire mes dernières années, s’il en est, se dérouleront tout bêtement en vertu du décret des dieux contre la science des hommes.

Ainsi je mourrai peut-être comme une légume. Mais une légume debout. Comme les carottes dont naguère Claude Péloquin nous entretenait.

Marie-Louise Lacroix
MarieLacroix@moncanoe.com
14 janvier 2010

cc : Mme Christine St-Pierre, ministre responsable (???) de la Charte québécoise de la Langue française (ministre@mcccf.gouv.qc.ca), et Mme Marguerite Blais, ministre responsable des Aîné(e)s (m.blais@aines.gouv.qc.ca)

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