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La France, son anglomanie et anglolâtrie

Experts non francophones et directeur imposé …en anglais au château de Villers-Cotterêts
À l’attention des membres de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF)

EXPERTS NON FRANCOPHONES et DIRECTEUR IMPOSÉ … EN ANGLAIS AU CHÂTEAU DE VILLERS-COTTERÊTS (02)

A l’attention des membres de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France  (DGLFLF)

Madame, Monsieur,

Comme Louis Maisonneuve, Joël Broquet et L’Observatoire européen du plurilinguisme (OEP), je me permets de vous donner mon sentiment sur le « projet de l’Alliance européenne pour les technologies des langues, ALT-EDIC », dont vous esquissez les grandes lignes ci-dessous.

Vous précisez, en fin de document, que cette entreprise réunira des experts non francophones au sein du jury européen et que la procédure de recrutement du directeur du centre européen est imposée en anglais ». Cette dernière précision « surréaliste » en guise d’oukase frappé du sceau d’une Commission européenne renégate « relègue » une nouvelle fois la langue française à son statut de piètre figurante, et ceci chez elle…  et toute une nation française à la misérable condition de néo-colonisés à l’intérieur de ses propres frontières. Ciel ! Quelle trahison ! Villers-Cotterêts est le lieu même où a été décidé ce que deviendra la langue française sous le ciel de France et de Navarre… et vous nous annoncez avec un cynisme consommé une perfidie de plus empruntant les chemins de ce bourg de l’Aisne, dans les Hauts-de-France, alors que notre langue est en train de boire le calice jusqu’à la lie sous la charge monstrueuse de l’anglo-américain…

Les termes en exergue ci-dessus ont cependant le mérite d’appeler un chat un chat. Mon Dieu, mais c’est bien sûr ! Que n’y avais-je songé ? Depuis le lancement de ce projet au château de Villers-Cotterêts, qui était censé faire la part belle à la langue de Molière, le pensionnaire de l’Elysée a su, comme à son habitude –   avec une rouerie confondante et des mensonges à répétition – détourner les affectations auxquelles étaient destinées initialement ce superbe ouvrage. Les dés étaient pipés d’avance et vous vous êtes bien gardés de nous faire savoir que le président de la République entendait, dès les tout débuts, se plier aux exigences « idéocrates » de l’UE, la nomination d’un directeur anglo-américain et des experts non francophones étant le point d’orgue d’une entreprise savamment orchestrée et menée de mains de maîtres par des « autocrates » qui savaient très bien, dès sa conception, ce qu’ils allaient faire de ce bijou architectural.

  • Comment en est-on arrivé à un tel « magouillage » digne des républiques bananières ?

Je ne vous pardonne pas de nous avoir menti de la sorte et mené en bateau depuis des années toutes nos associations de défense de la langue française, nous faisant « gober » que vous aviez la situation en main « et qu’on allait voir ce qu’on allait voir ». Résultat des courses : l’américanisation est à son paroxysme du haut en bas de la société française. Votre duplicité jette dès lors totalement le discrédit sur votre délégation. Etant vraisemblablement comme « cul et chemise » avec un ministère de la Culture et un Exécutif « anglolâtres », il ne vous aura pas été difficile d’introduire le loup anglo-saxon dans ce lieu unique, de l’inviter à venir souiller, « profaner » le berceau mémoriel qui symbolise à lui tout seul l’histoire de la langue française, un lieu chargé d’un symbole pour toute la francophonie, sans que cela ne vous étrangle ni ne vous offusque, cela va sans dire.

Il était pourtant de votre mission et de votre devoir de veiller à la défense d’une langue française qui saigne de partout et qui n’en peut plus… et que vous semblez désormais accompagner sans broncher jusqu’à ce que trépas s’ensuive. Vous est-il seulement venu à l’esprit que cette décision scélérate de l’UE pourrait contrevenir à un certain article de la loi Toubon, que vous feignez d’ignorer, d’ailleurs… de même que vous feignez d’ignorer l’illégal et intégral bilinguisme français-anglais qui a le vent en poupe sur tout le territoire touristique de l’Hexagone, premier pays au monde en la matière, ce au mépris de ces mêmes dispositions de loi et malgré nos inlassables et incessants appels dans votre direction.

Est-il besoin de citer Charles de Gaulle qui disait qu’il y en France, chez certains hauts responsables, « la suprême manie de se coucher et que, chez eux,  faire des courbettes est devenu une seconde nature » ? Je résume ici grossièrement ses dires mais toujours est-il que la France est trahie par ses élites à Villers-Cotterêts même, et que votre annonce désinvolte ne fait qu’accélérer le travail de démantèlement d’une langue prestigieuse avec la bénédiction de ceux-là mêmes censés la protéger et la promouvoir, la DGLFLF soi-même. Le comble de l’ignominie est que nous allons voir « débouler » tout soudain, dans ce haut lieu emblématique, des « experts » engoncés dans leurs costards de CEO, ces zélateurs du tout-anglais imposés arbitrairement par une gigantesque technostructure sans aucun scrupule, une nébuleuse étrangère dont la gouvernance n’entend plus s’encombrer et de « l’humeur populaire » du pays « vassal » et de l’incompétence « présumée » du commun des mortels.

Cela ne m’empêchera pas de revenir dans l’Hexagone prochainement en autocaravane* avec ma compagne, muni – une énième fois – de force affichettes afin de montrer au grand public qu’il y a encore des gens qui ne sont pas dupes du jeu pervers et du Président de la République et d’une UE qui se sont jurés d’en finir une fois pour toutes avec la langue française, a fortiori de la culture immense qu’elle a générée, une langue qui doit sentir le souffre parce qu’elle en jette trop de sa prestance. Des langues et des cultures européennes, n’en parlons pas, elles font tout autant les frais d’une mise au rebut, et ce malgré le Brexit !

J’exhorte vivement tous les défenseurs de la langue française (en cc) à dénoncer et dans les médias et en haut lieu une telle ingérence étrangère sur le devenir de la langue du peuple de France et celui de toute la francophonie… et à empêcher à tout prix que pareille supercherie ne voie le jour à Villers-Cotterêts, ce qui n’aurait jamais pu se concrétiser sans l’active complicité de cette même DGLFLF.

Philippe Carron**

Membre du collectif OSEZ LE FRANCAIS

*camping-car en franglais

**d’une Suisse romande pareillement vassalisée linguistiquement

Copie à tous les responsables des partis politiques français représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat, et à ceux qui n’y sont pas

Bonsoir,

Que le travail remarquable de Ch. Tremblay ait été ignoré lorsu’on parle de plurilinguisme peut relever d’une mémoire défaillante  (j’ai décidé malgré l’heure tardive de rester poli) mais écire  «Depuis lors, nos partenaires européens, avec l’appui de la Commission, ont décidé de se doter d’une infrastructure commune de référence visant notamment à contrer l’hégémonie des acteurs anglo-saxons de l’IA dans le domaine des technologies des langues»

est singulièrement agaçant car je me souviens d’avoir accompagné Gérard Pelletier, directeuir général du Datafranca (dont nous sommes les représentants en France) au siège de la DGLFLF pour rencontrer M. Th. Grouas afin de lui présenter le «lexique francophone de l’IA» . Rencontre et échanges de bonne compagnie sans aucun effet pratique  comme d’ailleurs les contacts ultérieurs avec la DGLFLF.

Or Datafranca [DataFranca] – comprendre vient de réaliser – outre un lexique français de l’intelligence artificielle – QUINZE conférences dans 4 universités ivoirienne et prépare des enseignements dirables dans le domaine de l’IA grâce à des coopérations québécoise, canadienne, etats-uniennes, ivoirienne, roulmaine mais rien de français !!!

Par ailleurs datafranca vient de passer une convention avec l’Agence Universitaire de la Francophonie dans le domaine de l’IA. mais cela a sans doute échappé aux promoteurs français de «Alliance européenne pour les technologies des langues»

Que cette alliance s’installe à VC est peut-être une bonne chose car lorsqu’on est dans la difficulté pour défendre pleinement son patrimoine culturel reste la solution de louer son patrimoine architectural et d’y sauver quelques meubles.

Il ne faudrait tout de même pas que ce château restauré à grand frais devienne une maison de passe.

Le 05/04/2024 22:11 CEST, o dl <o-d-l@orange.fr> a écrit :

Cocu, battu, content.

Le texte de la DGLFLF

Madame, Monsieur,

Nous constatons le lancement d’une polémique liée au projet de centre des technologies du langage. Pour la bonne information de chacun, la DGLFLF souhaite apporter quelques éléments factuels sur ce dossier.

Les technologies des langues et l’intelligence artificielle (IA) représentent un enjeu de souveraineté linguistique, scientifique et culturelle, clairement mis en avant depuis la Présidence française de l’Union européenne (2022). Par l’action de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF – ministère de la Culture), la France a démontré une expertise et une ambition remarquées dans ce domaine. Depuis lors, nos partenaires européens, avec l’appui de la Commission, ont décidé de se doter d’une infrastructure commune de référence visant notamment à contrer l’hégémonie des acteurs anglo-saxons de l’IA dans le domaine des technologies des langues.

C’est ainsi qu’est né le projet de l’Alliance européenne pour les technologies des langues, ALT-EDIC, qui a été confié à la France avec un pilotage assuré par la DGLFLF, en lien avec les autres ministères concernés, et réunissant à ce jour 25 Etats membres contributeurs. La Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts accueillera ce centre européen qui bénéficiera au plurilinguisme (et donc à la langue française) avec d’importants moyens. Il s’agira concrètement d’appuyer les initiatives industrielles, scientifiques et de recherche en faveur des technologies françaises et européennes des langues.

Dans le même temps, chaque pays est appelé à mettre en œuvre la composante nationale de ce dispositif. La France développera ainsi son centre d’expertise pour la langue française et la francophonie, toujours à Villers-Cotterêts, en étroite interaction avec le centre européen.

Réunissant des experts non francophones au sein du jury européen, l, la procédure de recrutement du directeur du centre européen est imposée en anglais mais la maîtrise de la langue française constitue un critère évident. Le régime linguistique, inscrit au règlement intérieur du futur établissement, sera naturellement plurilingue.

La DGLFLF veillera à l’application du cadre légal pour l’emploi du français dont elle garante.

La DGLFLF remercie l’ensemble des partenaires engagés pour la réussite de ce projet plurilingue et francophone.

Cordialement,

Paul PETIT
Délégué général adjoint
Délégation générale à la langue française et aux langues de France
Ministère de la Culture
3 rue de Valois, 75001 PARIS
01 40 15 36 90
06 67 48 53 13

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