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Le Service administratif des tribunaux judiciaires (SATJ) déteste les jupes et le français ?

Mes droits légaux et de la personne bafoués par la fonction publique fédérale !

Ça y est.  Je suis officiellement périmé.  Je devais me soumettre à une évaluation psychiatrique pour voir si je suis apte pour travailler, à défaut d’une réprimande au boulot. Cette évaluation n’aura pas lieu de mon gré. Au fait, c’est ma 2eime évaluation. Cette fois-ci, je pense que c’est tout simplement ridicule et abusif.  J’ai commis l’odieux crime d’effacer un tableau de directive qui était écrit exclusivement en anglais.

Voici où ça se complique. Je travaille pour le gouvernement fédéral. Une politique de bilinguisme, pour ne pas dire « la loi fédérale sur les langues officielles » est en vigueur, mais tout simplement peu ou pas respecté.

Question d’être plus spécifique, Je bosse aux services administratifs des tribunaux judiciaires (SATJ) qui en soi, abritent 4 cours, incluant la Cour Fédérale. Oui, oui, celle qui avait donné raison à Monsieur Thibodeau dans une affaire très médiatisée concernant l’affichage unilingue, au sujet des fontaines d’eau dans les édifices fédéraux.

Mes yeux saignent quand je me promène au bureau suite à ce désolant constat. Molière en mange tout une pour faire place automatiquement à Shakespeare. J’ai soulevé la situation a quelques reprises, sans succès, même que la confusion et le ‘bien voyons – tu peux lire l’anglais’ plutôt facile est devenu monnaie courante.

Enfin, quand j’ai eu la chance, je l’ai pris. La brosse-efface sur le tableau blanc. Le sentiment de victoire avec un minimum de dommage, sauf peut-être l’ego de l’auteur légèrement froissé. En plus, je ne m’en suis pas caché, confessant mon blasphème, la minute que le vandalisme a été découvert. ”Next time – on peut juste rajouter le français pour te faire plaisir » qu’on m’a répondu. Le plaisir n’est pas options, mais plutôt une obligation.

Une boîte à clés électroniques d’une facture salée à 5 chiffres, offre de libérer la clé désirée dans une seule des 2 langues officielles – le français brille par son absence. Notre bonne vieille boîte à clé Canadian Tire à $29.95 qui date des années 80 ne nous a jamais laissé tomber.

Bref, la langue de mon choix, le français, est protégée par la loi sur les langues officielles, ainsi que par la Charte canadienne des Droits et Libertés. Reste à voir si mon geste va me déclarer…’terroriste linguistique’.

Parlant de Charte, j’ai dû me soumettre à une première évaluation par le même groupe il y a quelque temps. Je porte un uniforme dans mes fonctions. Un jour, j’ai demandé un kilt plutôt que les pantalons. Une demande raisonnable, considérant que nos armoiries démontrent une présence écossaise. Refusé.

J’ai rapidement opté pour une jupe. Cette dernière est déjà disponible pour les employées féminines. Je suis parfaitement confortable dans ma vie de tous les jours pour porter une jupe. Pratiquement l’équivalent du kilt et on est tout de même au 21eime siècle. Ridiculisé et refusé.

Une visite au village des valeurs, pour $5, dans la section des tailles fortes, une jupe noire, tout comme mes pantalons de service, m’a tombé dans l’œil.  J’ai porté la jupe lors d’une audience à la Cour canadienne d’Impôt, sans aucune statique des juges, greffiers et avocats. Par contre, en ce qui concerne la sécurité, c’était juste trop. Des efforts monumentaux pour me retirer de mes fonctions, je n’ai pas remis les pieds dans une salle d’audience depuis cet incident, sauf pour l’été passer, ou a mon tour, je plaidais ma propre cause en Cour Fédérale. En jupe bien sûr.

Sans grande surprise la cour n’a pu trancher en ma faveur, stipulant que mes efforts de grief interne n’avaient pas été épuisés. Donc, par la présente, à moins que je fasse les premières démarches, c’est le statu quo ou la case départ si on veut. Une jupe et le français auront mis ma carrière sur pause pour la majeure partie des derniers 5 ans. Plein salaire, chez nous. Une sorte de congé mystérieux pour laquelle personne ne se pose les questions : Qui est Steve Desrosiers? Où est son bureau? Travaille-t-il? Ridicule. De toute façon on m’a retiré mon bureau et mon casier. Je suis très conscient qu’une bonne portion de la population serait contente de jouir d’un tel passe-droit. Pas moi.

Après le dépôt de mes dossiers au greffe, une médiation coûteuse a eu lieu. L’option de grief n’a pas eu lieu – La porte de sortie via une offre juteuse s’en est suivi. J’ai refusé. Pourquoi est-ce que le contribuable devrait payer pour de l’inaction de l’administration? Cette dernière ne peut pas se cacher éternellement et affirmer ne pas être au courant, mes 2 dossiers en Cour Fédérale sont adressés à son attention. J’ai bien l’intention de reprendre mes fonctions de chauffeur (CR-05) au sein de l’organisation. La jupe et le français ne devraient pas être un facteur décisif pour une retraite prématurée. Dans l’état actuel de la situation, j’ai honte de travailler pour ce genre de département. Il y a beaucoup de discussion concernant la protection du français et les droits des minorités. Étrangement, tout le contraire se produit, et ce, à un coin de rue au sud de Wellington. Alors, reste à voir, si sur la colline, les bottines vont suivre les babines. Ne faites-moi pas avoir honte d’être Canadien.

Steve Desrosiers
Outaouais

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