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PEUT-ON EN FINIR AVEC LE FLQ?

Périodiquement, on revient sur le FLQ comme s’il était impossible d’en épuiser le sujet et encore plus impossible d’en saisir le sens et la portée. De petites révélations qui s’additionnent éclairent la chronique, mais laissent dans l’ombre le rapport de ce mouvement au Québec et à son histoire. D’un point de vue bourgeois, qui pense d’abord à sauver ses avantages de classe, le FLQ et son action appelaient la répression de l’État fédéral. Tout en craignant les conséquences d’un affrontement et en assistant en badaud, à la fois fasciné et effaré, aux péripéties d’un scénario fertile en rebondissements, aucun Québécois n’a pu condamner le mouvement dans son inspiration, et taire tout à fait en lui l’espoir d’un succès final. Tout en applaudissant à la Loi des mesures de guerre, les autres n’ont pu échapper à la mauvaise conscience de la collaboration, ni éviter d’en conserver le stigmate.

Le FLQ s’ajoute aux nombreux avortements de notre histoire, car ses dirigeants se sont perdus comme les autres dans les labyrinthes d’une histoire coloniale. Il y a donc colonialisme quand on subit un pouvoir étranger et, de façon plus subtile, quand on y acquiesce à travers les institutions qui le médiatisent. Le FLQ n’a pu fixer son regard sur la Conquête de 1760, et s’y tenir inébranlablement, pas plus que le Parti Québécois. Irradié à son insu par la culpabilité coloniale, il s’est rabattu sur la lutte des travailleurs, la paupérisation, comme l’autre sur le masque des projets de société dont seule l’indépendance peut donner le sens et la clé. Ce faisant, il a perdu la cible de sa lutte qui était de reconquérir l’indépendance nationale.

L’exploitation est certes une des conséquences de la Conquête mais elle n’en constitue pas le cœur.  Elle peut exister pour d’autres raisons et elle peut varier en intensité dans le temps. Même très en vue dans les médias, pourvus d’argent, de pouvoir et d’honneurs, on peut être de parfaits colonisés et servir de clones à la puissance occupante. Surtout, l’indépendance concerne tous les citoyens d’un peuple, qu’ils soient travailleurs, financiers, intellectuels ou rentiers. Enfin, faut-il dire que la violence, toute justifiée qu’elle soit en situation coloniale,  n’est morale et souhaitable, et ne doit être calculée, qu’en fonction de son efficacité libératrice.

Hubert Larocque, Gatineau.
(01-10-2010)

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